La Double vie de Véronique, au cœur du film de Kieślowski

La Double vie de Véronique, au cœur du film de Kieślowski, une enquête réalisée entre 2004 et 2006 auprès de la plupart des collaborateurs polonais et français de Kieślowski entraîne le lecteur au cœur de l’aventure de ce film charnière.

La Double vie de Véronique, un film-charnière

Voici l’aventure du tournage d’un film franco-polonais, un des plus connus de Kieslowski, nominé à Cannes en 1991. La Double vie de Véronique est une histoire de doubles et de coïncidences troublantes entre deux jeunes femmes, une Polonaise et une Française, deux musiciennes qui portent le même prénom, se ressemblent, ont la même passion pour la musique (le film s’appelait tout d’abord La Choriste). C’est aussi un titre-charnière dans la carrière de Krzysztof Kieślowski : le tournage et la production se sont déroulés en Pologne et en France, avec deux équipes, et le cinéaste passait pour la première fois en Europe de l’Ouest. Dans sa filmographie, La Double vie de Véronique suit le Décalogue (qui a fait connaître Kieślowski dans le monde entier) et précède Trois couleurs : Bleu-Blanc-Rouge, dernière œuvre de fiction avant la mort du cinéaste en 1996. Le livre rassemble une cinquantaine de témoignages inédits recueillis en France et en Pologne jusqu’en 2006, complétés d’informations pratiques, de courtes analyses sur les thèmes abordés. Il est illustré de photos originales, pour la plupart inédites, de photos de plateau, de documents et objets du film.

Le film oscille entre France et Pologne. Il montre par des signes ténus les destins liés de deux musiciennes (Weronika à Cracovie, Véronique à Clermont-Ferrand). Weronika meurt à cause de son art, Véronique arrète le piano et vit. Le parcours de Krzysztof Kieślowski a quelques parallèles curieuses :

  • il avait accepté de tourner un premier film à l’étranger, en France (La Double vie de Véronique, qui se nommait alors La Choriste).
  • Il enchaînerait sur un triple tournage (les Trois couleurs), avant de renoncer lui aussi (au tournage).
  • Malade du cœur, comme ses héroïnes, Kieślowski allait décéder prématurément, cinq ans après la sortie de La Double vie de Véronique à Cannes.

 


Pourquoi ce livre, en 10 points

…comme autant de regards sur des points-clés mais aussi sur les aspects insolites ou méconnus de l’origine du film et du tournage.

1> Cannes 1991…
… La Double vie de Véronique est sélectionnée puis primée au Festival. C’est un des films franco-polonais parmi les plus connus, le premier hors de Pologne de Kieślowski, avant son dernier opus Trois couleurs ; bleu, blanc, rouge. Le film n’eut pas la Palme mais les Prix du jury œcuménique, de la critique internationale et d’interprétation féminine pour Irène Jacob), nominations César 92 pour Zbigniew Preisner (musique) et Irène Jacob, etc. Le film a gardé sa part de mystère par son sujet (une histoire de doubles et de coïncidences troublantes), et plusieurs années de black-out sur la version française (VHS épuisée, droits de la production française perdus) ; il n’est ressorti qu’en août 2005 à Paris. Il est pourtant devenu un film-culte (nombreux débats, forums, festivals…). Beaucoup n’en connaissaient que la version américaine (avec un rajout concédé à Miramax par Kieślowski). 2006 a vu la sortie du double DVD (version restaurée franco- polonaise sous-titrée français et anglais) par mk2 fin février 2006 (distribué ensuite par Artificial Eye (UK), Critérion (US) puis enfin en Pologne par Best Film).

2 > Le saviez-vous ?
Pour ses premiers films, Kieślowski ne voulait pas entendre parler de fiction […] La boule magique de Weronika et Véronique (en couverture du livre) a été moulée dans plusieurs tailles spécialement pour le film […] Pendant le tournage, en hiver 1990, Kieślowski écrivait déjà le scénario de Bleu-Blanc-Rouge […] Une nouvelle de Cortazar raconte une histoire très semblable […] Des scènes d’intérieur à Clermont-Ferrand ont été tournées en studio… en Pologne […] Le film s’est appelé La Fille du chœur puis, pendant le tournage La Choriste […] etc.

3> Plus de 50 témoignages…
En 2005 et 2006, les producteurs, techniciens, comédiens, en Pologne et en France, livrent souvenirs et impressions sur le film. Parmi eux, Ruben Korenfeld apporte un témoignage particulier, ayant réalisé Dialogue-Kieślowski, après avoir suivi le tournage en Pologne et en France, et s’être entretenu longuement avec Kieślowski.

4> Une centaine de photos
Photos de plateau, polaroïds de tournage, documents rares, portraits de Kieślowski et des témoins illustrent le livre (dont 16 pages couleurs).

5> Arrêts sur image
Au fil des pages, un plan crucial et l’extrait du dialogue de tournage correspondant sont commentés ; une respiration et un retour à la source : la matière du film de Kieślowski.

6> Plus de 70 encadrés…
… comme autant de regards sur des points-clés mais aussi sur les aspects insolites ou méconnus de l’origine du film et du tournage.

7> Le scénario, pour aller plus loin
Le scénario de tournage « à la loupe » est confronté au film et aux souvenirs des techniciens : textes des indications originales, séquences coupées au montage, plans ajoutés, commentaires, au long d’une quarantaine de pages.

8> Un trait d’union entre Pologne et France
Ce titre-charnière dans la carrière de Krzysztof Kieślowski évoque des correspondances mystérieuses entre une Polonaise et une Française. La production et le tournage se sont d’ailleurs déroulés dans les deux pays, avec deux équipes et l’aide d’un traducteur omniprésent. Quant à Kieślowski, il passait à l’Europe de l’Ouest, avec un nouveau projet, un nouveau style… un nouveau monde à découvrir.

9> Kieślowski : 1941-1996
2006 : à l’occasion du dixième anniversaire de la mort du réalisateur, qui avait peu avant annoncé sa décision d’arrêter de tourner, un Hommage lui était consacré dans plusieurs pays, occasion de (re)découvrir son œuvre : une quarantaine de films (courts, moyens et longs métrages) qui passent très progressivement du documentaire à la fiction. Avec, du premier au dernier film, un sens du détail, une connaissance des différents métiers du cinéma, et un regard profondément humaniste…

10> Prolongez la lecture du livre sur www.Kieslowski.eu
L’auteur, Alain Martin, journaliste et enthousiaste de longue date de Kieślowski, a suivi et est déjà intervenu dans plusieurs festivals consacrés au metteur en scène en France et à l’étranger, depuis 2001. Il anime www.Kieslowski.eu et www.IreneJacob.com…

 


 

Le livre est paru en 2006 : 192 pages, noir et couleurs, ISBN 978-2-9522785-1-5, 15×21 cm.