Potemkine : au plus près de l’intention artistique de Kieślowski

Une rencontre exclusive avec Natacha Missoffe, cheffe de projet édition vidéo, et Nils Bouaziz, fondateur de Potemkine films qui édite, avec MK2, quatre nouveaux films.

L’UHD les a conquis. Pour Natacha et Nils, il était impensable de ne pas sortir la meilleure édition possible à ce jour de La Double vie de Véronique et des Trois couleurs : Bleu, Blanc et Rouge. En UHD, mais pas n’importe laquelle : d’après une impressionnante restauration UHD-HDR des quatre films, opération qu’ils ont pu suivre chez Hiventy, spécialiste à la pointe de ces nouvelles restitutions numériques. Tous deux en parlent en chœur.

UHD = Ultra Haute Définition, soit 4K, soit 3840 x 2160 pixels avec un ratio de 16/9, HDR = High Dynamic Range. Wiki HDR
Portraits © Alain Martin et photogrammes [ basse définition, ne permettant pas de juger de la qualité de l’édition 4K ! ] Alain Martin d’après éditions Potemkine – Nouveaux coffrets Trois couleurs : Bleu, Blanc, Rouge  © Potemkine Films – montage photo première version visuels films : Kensuke Koike

Natacha Missoffe, accompagnée de India (au centre) et Pierre de Potemkine films pour le tournage des bonus Alain Martin fin août 2021. Photo © A.Martin

Alors on récapitule. Dès l’année dernière (2020), Benoit Claro (directeur marketing pour les ventes internationales de MK2 Films) et Marzena Moskal (responsable Cinéma de l’Institut polonais de Paris) nous donnent les premières informations : pour la commémoration du 80e anniversaire de Krzysztof Kieślowski, il est prévu une grande Rétrospective à la Cinémathèque, et une nouvelle édition de ses quatre derniers films produits en France. Kieślowski est décédé en 1996, et un événement d’ampleur, en Pologne, à l’étranger et en France et la meilleure nouvelle qui pouvait nous arriver.
Début novembre 2020, nous communiquons même avec Benoit sur la manière de renouer avec le public. Nous échangeons beaucoup des personnages féminins de Kieślowski. Ce sera d’ailleurs le point de départ des Héroïnes de Kieślowski, thème de trois nouvelles balades parisiennes conduites en novembre… 2021. Mais ce que nous ne savons pas encore fin 2020, c’est que, sur la base d’une nouvelle restauration 4K, on va pouvoir recueillir au plus près de la pellicule originale les intentions de départ du cinéaste et de ses équipes : lumière, son, technique, comédiens, mouvement, mise en scène…


La Rétrospective 2021 – © MK2 / Cinémathèque française

MK2 Films dispose des droits internationaux d’un beau catalogue de films, et, historiquement, c’est Marin Karmitz qui a accueilli et produit le projet d’une trilogie française – Bleu, Blanc, Rouge (1992-1993)–, fasciné par la rencontre avec le réalisateur polonais, auteur du Décalogue (1988). Peu avant, Kieślowski avait promis à Leonardo de la Fuente, fondateur de Sidéral production, de tourner avec lui son premier film en France : La Choriste. Film qui prendra à la fin du tournage en 1992 son titre définitif et célèbre : La Double vie de Véronique. Et dont MK2 reprendra les droits après de longues péripéties, mais c’est une autre histoire.

Au printemps 2021, MK2 confie donc à Potemkine films la diffusion du film pour la France : en salles et en édition vidéo. La première partie visible du processus sera la projection de La Double vie de Véronique dans la toute nouvelle version à Cannes Classics, le 10 juillet 2021, 30 ans après sa sortie à Cannes 1991.
Mais écoutons plutôt Nils Bouaziz et Natacha Missoffe qui racontent de concert comment ils ont mené le projet Kieślowski durant cette année un peu particulière…

Tout a commencé à Cannes

Alain Martin. Peut-on revenir sur les étapes du projet ? Il y a eu Cannes Classics en juillet…

Natacha Missoffe. Oui, MK2 visait évidemment Cannes, une opération de prestige, puisqu’il possède et vit de la vente des droits des films à l’international. MK2 est cataloguiste et nous diffusons. Sur certains projets, comme celui-ci, ils sont plus interventionnistes.

Nils Bouaziz. Notamment quand ils ont été producteurs, quand il y a un rapport historique avec le film : ça a été le cas par exemple avec Kiarostami. MK2 est venu vers nous pour tenter de valoriser le catalogue ; c’est aussi maintenant la mission de Rosalie Varda [NDLR : Senior Advisor chez MK2 Films].

Pour Kieślowski, c’est la Rétrospective à la Cinémathèque [en novembre 2021] qui a boosté le projet. MK2 Films a les droits, nous nous occupons de la diffusion en salles et vidéo, MK2 conservant la diffusion TV-VOD. MK2 n’a pas les mêmes intérêts que nous : une fois que la Rétrospective à la Cinémathèque était terminée, c’était bon [pour eux]. Avoir un peu de rentabilité avec les collaborateurs, c’est [à la limite moins important]…


Menu principal “Bleu” – © Potemkine films


UHD-HDR : une restauration bluffante

AM. C’est donc bien une édition française, francophone ?

N.M. Oui, France et Dom-Tom.

N.B. Mais j’ai reçu plusieurs messages de Polonais qui nous demandaient des sous-titres dans leur langue, car eux n’auront pas d’édition 4K. Dans l’idéal, il aurait fallu faire une édition internationale, avec au moins anglais et espagnol. Il n’y aura probablement pas d’autre édition 4K, à part peut-être Criterion. C’est une question de rentabilité.

AM. Oui, et pourquoi, finalement, une édition 4K ?

N.B. La technologie existe, des gens travaillent dessus, nous sommes allés chez Hiventy pour voir la restauration : c’est bluffant ! A quel point on s’approche de la perfection, d’être prêt de l’intention artistique. C’est magique. Il y a cela d’un côté, et de l’autre côté, je ne connais personne qui soit équipé maintenant ! Equipé cela ne veut pas dire une simple TV 4K, mais du matériel performant, avec Dolby Vision, un super lecteur, le top de la qualité, sinon… cela ne sert à rien.

N.M. Les UHD se vendent malgré tout assez bien à un public technophile… qui n’est pas forcément celui qui va regarder des Kieślowski. Les UHD commencent à apparaître dans les rayons, et comme les acheteurs prennent ce qui sort, c’est peut-être aussi le moment d’être là. Même si l’UHD n’est pas rentable.
MK2 travaille un peu pour le prestige, et nous aussi, en fait. Les spectateurs attendent de nous que l’on sorte le meilleur produit possible. A partir du moment où MK2 avait fait cette restauration, avait un étalonnage HDR, on est allé vérifier… et c’était magnifique, donc on a fait le choix de s’engager dans l’UHD.

Décembre 2021 : l’arrivée des galettes UHD ! – photo A. Martin, visuels © Potemkine films

Entre l’Enfer du « bruit numérique » et le Paradis du « plus haut niveau de fidélité au projet artistique d’origine »

N.B. et N.M. Le CNC aussi est attentif à l’UHD, ils trouvent bien que les éditeurs, sur un marché qui n’est pas florissant, arrivent à se renouveler et à suivre la technologie, s’adresse à un public plus jeune.

AM. Mais alors, justement, Potemkine Films a-t-il d’autres sorties UHD à son catalogue ?

N.B. Et bien non, quand on en fait pas et que c’est possible d’en faire, on nous saute dessus en nous questionnant. C’est arrivé sur “Ne vous retournez pas”, par exemple. Il y avait déjà une édition UHD en Angleterre et aux Etats-Unis. Par contre, si les films de Kieślowski, produits en France, n’étaient pas sortis dans ce format, ce serait mal perçu.

N.M. Dans le cas de Ne vous retournez pas, si on ne l’a pas fait, c’est que cela n’avait aucun sens au niveau artistique, cela n’apportait rien.

N.B. Oui, il y a ce phénomène du “bruit numérique”. Le grain de la pellicule [donc analogique] devient du bruit numérique ; le logiciel tente d’interpréter chaque petit mouvement du “grain”, le traduit mal, et ça peut être vraiment horrible, notamment sur des plans un peu sombres. Sinon, on peut lisser…
À Noël, on aura des téléviseurs en 8K, mais il n’y a quasiment aucun contenu disponible. A peine de sport. Et au cinéma, on en est très loin, alors qu’on a déjà du mal a imposer le Blu-Ray !

N.M. Oui, mais pour [les films de] Kieślowski, le résultat était vraiment très beau. Il y avait notamment cet étalonnage HDR, spécifique à l’UHD, qui apportait le plus de nuances possibles dans les couleurs, Pour les quatre films sur lesquels nous avons travaillé, cela faisait sens : les copies sont magnifiques.

N.B. C’était sur ces films-là ou jamais ! Par exemple, on a un peu hésité sur Orfeu Negro, mais là il n’y avait pas d’étalonnage HDR, et c’est moins fin en termes de travail photographique.
Pour le cas de Kieślowski, à partir du moment où il y a un format vidéo qui touche au plus haut niveau de fidélité au projet artistique d’origine, ç’aurait été dommage de ne pas essayer de l’utiliser !


Menu principal “Blanc” – © Potemkine films

AM. Idziak a bien collaboré sur l’étalonnage [NDLR : les deux autres chefs opérateurs : Edward Kłosiński sur “Blanc” et Piotr Sobociński sur “Rouge” sont morts en 2008 et 2001] ?

N.M. Oui, avec Jérôme Bigueur, étalonneur chez Hiventy. Nous avons d’ailleurs tourné une vidéo de 10 minutes avec MK2 et lui, qui explique clairement l’intérêt de l’UHD et de l’HDR. C’est assez technique, mais on comprend bien sur quoi on agit et comment cela peut transformer la vision du film. Et c’est un nouveau support, c’est important d’être dans l’ère du temps.

 
Une nouvelle restauration magnifique CQFD Hiventy

N.B. La pédagogie est très importante. Quand on voit que des réalisateurs ne voient pas l’intérêt d’un lecteur Blu-Ray, la différence avec un DVD […] Il faut pouvoir voir, comparer. Les gens croient savoir, imaginent des choses, mais sans [exemples concrets].

N.M. la difficulté, par contre, c’est que nous sortons sur trois supports.

N.B. Oui, alors que sortir un DVD, aujourd’hui, cela n’a pas de sens, sauf commercial, pour toutes les autres raisons, ça n’a plus de sens, c’est obsolète. Le marché [DVD vs Blu-Ray] n’est pour l’instant que de l’ordre de 80 | 20 ou 70 | 30.

N.M. Mais sur des films de patrimoine restauré, il y a un vrai public pour le Blu-Ray, car la qualité de restauration est optimisée pour.


Nils Bouaziz à l’avant-première de “Rouge”, le 4 octobre 2021 – © a.martin

N.B. On ne sait pas sur quoi les spectateurs vont regarder les films UHD. Il n’y a que depuis récemment des modes Filmmaker sur les TV, avant il fallait changer paramètre par paramètre pour obtenir quelque chose de correct : les paramètres par défaut sont atroces ! Il faudrait presque qu’il y ait, comme on voit apparaître certains procédés chez Netflix, un mode qui reconnaisse automatiquement un passage en UHD pour optimiser les réglages.

N.M. Oui, c’est un maillon que l’on ne maîtrise pas, mais c’est de notre responsabilité de fournir le meilleur objet de diffusion. Nous n’avions pas les lecteurs nous-mêmes mais nous avons été convaincu par la vision du HDR !

N.B. A partir du moment où l’on a des gens talentueux qui ont travaillé sur l’étalonnage, pour le public, c’est un peu dommage de fabriquer un simple Blu-ray. Quand on a le meilleur des matos, en terme de précision, ça va même au-delà de la moyenne des salles de cinéma. Il faut une salle 4K Dolby avec un projecteur laser au top pour avoir le même niveau.

 
A gauche l’affiche MK2 Cannes Classics, à droite le visuel définitif pour l’édition Potemkine Films
© MK2/Potemkine films/ visuel de gauche : Kensuke Koike


Potemkine, MK2, Agnès B et les autres

AM. On a vu passé plusieurs versions des visuels. A Cannes, c’était avec les découpages photos de Kensuke Koike…

N.M. Oui nous avons pu changer le visuel pour la France, qui correspondait plus à ce que nous voulions. Le choix des pistes et la mise au point du visuel de La Double vie de Véronique ont été longs.

N.B. Les visuels de la Trilogie correspondaient bien, mais sur La Double vie de Véronique, pour nous, ça ne fonctionnait pas. Nous avons négocié et MK2 a compris nos arguments. Donc, le visuel est identique pour la diffusion en salles, mais spécifique pour l’édition vidéo de Potemkine.



Même exercice pour les films des Trois couleurs, avec les premiers visuels MK2 (de Kensuke Koike) et les visuels définitifs de l’édition Potemkine Films – © MK2/Potemkine films

AM. Et vos rapports avec Criterion ?

N.B. Nous avons déjà collaboré, et d’ailleurs nous diffusons souvent les mêmes films, nous faisons des restaurations, ils travaillent eux aussi avec MK2.

N.M. Par contre, les visuels de Criterion sont spécifiques, très épurés…

AM. Et qu’en est-il de la collaboration avec Agnès B, qui était présente sur l’édition précédente du Décalogue MK2/Potemkine films/Agnès B ?

N.B. La collaboration avec Agnès B est ralentie, elle a mis beaucoup de son temps, de son énergie et de son argent dans le projet La Fab’


© MK2 Films

AM. Que dire de MK2 Curiosity, qui a diffusé plusieurs films de Kieślowski en accès libre ?

N.B. Une initiative intéressante, mais qui est arrivée assez soudainement [NDLR : pendant le 1er confinement Covid]

N.M. Mais MK2 Curiosity renvoie systématiquement sur nos produits. Pour Kieślowski, MK2 y met en avant des bonus qui existaient déjà, et qui ne sont donc pas pénalisant pour notre propre édition vidéo. L’ensemble fait parler de Kieślowski : c’est donc plutôt vertueux.

N.B. Oui, car le nerf de la guerre, c’est la communication. Si tu as une exclusivité, mais que tu es seul, que personne n’est au courant, ça ne sert à rien. […] C’est bien qu’il y ait un événement.

N.M. Pour Kieślowski, c’était une grande collaboration avec MK2 Films qui nous a fourni énormément d’éléments, on travaille main dans la main, et MK2 Curiosity a vraiment aidé. Ils sont très investis, ils ont tourné plusieurs bonus, notamment avec Irène Jacob et Julie Delpy.


L’affiche de la nouvelle version de La Double vie de Véronique bien en valeur dans les bureaux de Potemkine films à Paris – © a. martin

A.M. A l’Est, Potemkine est plutôt historiquement tourné vers les films russes. Mais envisagé vous de diffuser d’autres films polonais ?

N.M. Il y a un autre éditeur qui fait bien cela, Malavida [sourire]. Nous on travaille sur les films russes, on aime bien cette cohérence. Si on a eu l’occasion de le faire pour Kieślowski, je pense qu’il y aura peu d’autres films polonais.

N.B. Et si nous devions développer cela, on irait sur les mêmes films que Malavida, donc ça n’aurait pas de sens. Ils le font bien, ont des contacts. De la même manière, ils ne vont pas trop sur les films soviétiques. En plus, les quatre films en question de Kieślowski sont franco-polonais, donc, naturellement, ça ne rentrait pas dans leur ligne éditoriale.


Menu principal “Rouge” – © Potemkine films

Alors, pourquoi Kieślowski ?

A.M. Alors, Nils, Natacha, pourquoi Kieślowski, à part la proposition de MK2 ?

N.B. Je pense que ce n’est pas pour rien que Kubrick avait dit que parmi ses œuvres préférées, il y avait Le Décalogue. Cela mélange tout ce qu’on aime dans le cinéma : un travail de mise en scène, sur l’image et le son qui va très loin, avec un rapport sensible au public, sur les effets sensoriels et dramaturgiques, une façon très efficace de développer ses scénarios. Et tout en gardant une exigence artistique.

N.M. Sur les quatre autres films, j’ai été surpris d’à quel point ça brasse un large public, c’est à la fois très accessible et très exigeant, très perfectionniste, très travaillé…

N.B. Et c’est très universel, ça vieillit assez peu.

N.M. Ce n’est pas une histoire avec un vrai suspense : on suit juste comment vont évoluer ses personnages, et on se retrouve dans chaque évolution.

AM. Nous nous sommes vus pour le tournage des bonus fin août, il restait encore plusieurs caps à franchir, des aller-retour avec MK2… Et si l’on revenait sur les bonnes et mauvaises surprises du projet ?

N.B. […] L’édition finale s’est tout de suite mise en place, il y avait une certaine urgence du projet. C’était en flux tendu.

N.M. MK2 menait les restaurations, et ils voulaient les exploiter dès qu’elles étaient terminées : Noël, la Cinémathèque…


Bonus Preisner sur  “La Double vie de Véronique” – © Elephant production / Potemkine films

N.M. Parmi les bonnes surprises, il y a eu le bonus avec Preisner [NDLR : d’après les rushes d’une émission d’Elephant production pour Arte, une Invitation au voyageKieślowski : la double vie de Cracovie]. Bonus que l’on a monté avec Urszula Lesiak [NDLR : monteuse de Blanc], ce qui n’est pas négligeable : une journée entière, elle avait un regard [sur le montage] : une expérience d’édition que j’ai rarement eue.

A.M. Avez-vous d’autres projets pour Potemkine dans l’avenir ?

N.M. Nous allons aller un peu sur l’édition de livres, une nouveauté pour nous. En rapport avec nos éditions vidéo.

N.B. Par exemple, sur Métropolis, il n’y a jamais vraiment eu un beau-livre édité : un grand format, illustré; etc.

N.M. Et puis nous avons d’autres projets, comme Rashomon, L’Invasion des Profanateurs de Sépultures

Quelques jours après, nous recevions les précieuses galettes.
Pour notre regard sur l’édition DVD, Blu-Ray et UHD-HDR des quatre derniers films de Kieślowski, c’est ici :

Kieślowski : voir l’édition Potemkine UHD-HDR

Les quatre chefs d’œuvre ultimes de Kieślowski


« J’ai l’impression que je ne suis pas seule » chuchote Weronika à son père, un soir, dans une petite ville de Pologne. Tout un programme pour La Double vie de Véronique, récits parallèles de la mort d’une jeune musicienne polonaise et de son alter ego française, Véronique. Trois récompenses à Cannes en 1991 (Prix du Jury œcuménique, Prix FIPRESCI et Prix d’interprétation féminine pour Irène Jacob), Prix du public à Varsovie en 1992.


Bleu
, comme la liberté. Julie perd son mari et sa fille dans un terrible accident. Veuve, elle doit se reconstruire ? Peut-être aussi achever la partition inachevée d’un Concerto pour l’Europe,accepter de vivre, simplement, et de donner aux autres, aussi… Trois couleurs : Bleu a reçu un Lion d’or en 1993. Juliette Binoche et le chef-opérateur, Sławomir Idziak, ont également été primés. Le film a aussi reçu trois César en 1994… et poursuivi une carrière internationale.


Blanc
, comme l’égalité. Mais quelle égalité pour Karol, jeté dehors par son épouse, Dominique, française, qui demande le divorce, le trompe ? De retour en Pologne, Karol traficote, s’improvise nouveau capitaliste, entreprend de se venger. Mais la mécanique s’enraye… Trois couleurs : Blanc a notamment reçu le prix du meilleur réalisateur à Berlin en 1994.


Rouge
, comme la Fraternité. Mais quelle fraternité entre tous ces personnages qui s’entrecroisent sans jamais se trouver ? Pourtant, Valentine (Irène Jacob) apprivoise peu à peu Joseph (Jean-Louis Trintignant), vieux juge misanthrope (ou bien est-ce le contraire ?). Trois Couleurs : Rouge était sélectionné à Cannes en 1994, nommé trois fois (réalisateur, photo, scénario) aux Oscars. Un César a récompensé en 1995 la musique de Zbigniew Preisner.

[ Merci à Natacha Missoffe et Nils Bouaziz de Potemkine Films pour les visuels, les infos, l’entretien, ainsi que Thierry Videau, relations presse ]