Bez Konca [Sans fin – 1984]

Le surnaturel gagne cette fiction de Kieślowski : en voix off, Antek, explique comment il vient de mourir, laissant sa veuve désemparée.

Antek était avocat et défendait des opposants au Régime. Le jeune ouvrier polonais qu’il s’apprêtait à défendre doit recourir au service d’un avocat plus conventionnel…
Son épouse semble deviner sa présence, et certains signes comme une marque sur un agenda, montrent qu’il est toujours là. Mais l’absence de son mari lui pèse et provoquera un geste désespéré.

Une période difficile à décrire : l’Etat de guerre en Pologne

Le film, qui décrit l’atmosphère pesante lors de l’Etat de guerre (déclaré en Pologne le 13 décembre 1981 et suivi de répressions) a été apprécié par le public, mais, selon les propres mots de Kieślowski, « très mal reçu par les autorités, l’Eglise et Solidarnosc. », autant dire les trois pouvoirs de l’époque.

C’est aussi la première d’une série de collaborations avec le co-scénariste Krzysztof Piesiewicz (rencontré peu avant pour un projet de documentaire non achevé) et le musicien Zbigniew Preisner qui habille Sans Fin de quelques mélodies envoûtantes. Les trois hommes travailleront ensemble jusqu’à Rouge, ultime film de Kieślowski.